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    pacte d’excellence: between yesterday and to morrow

    Les entreprises wallonnes et leur ministre-président sont très fâchés sur la ministre de l’éducation : si tous les élèves du lycée et du collège dévorent désormais les mêmes matières pendant leurs trois premières années, on va retarder leur entrée dans la vie professionnelle. S’ils n’en sont pas encore à regretter l’interdiction du travail des enfants, ils estiment que les gosses, pourquoi pas les bébés, devraient se préparer le plus vite possible au métier de leur rêve, ouvrier agricole ou patron de PME wallonne, garçon de café, fonctionnaire de l’Office des étrangers ou ingénieur atomique.
    A dix-huit ans, moi j’ignorais ce que j’allais faire de ma vie – je ne suis pas certain de le savoir aujourd’hui. Mais, à douze ans, c’est vrai, j’avais moins de doutes. Je voulais être receveur de tram parce qu’il travaillait assis (sauf quand des petits crapuleux décrochaient la flèche) ou aiguiseur de couteaux qui parcourait les rues en poussant sa petite carriole et faisait tous les jours la connaissance d’autres dames (à l’époque, seules les femmes jouaient du couteau dans la cuisine).
    Moi, j’applaudis au projet d’une culture générale commune. C’est à ça que sert l’enseignement secondaire. En primaire, on apprend à lire. Au collège et au lycée, à aimer les livres.
    Mais alors pourquoi cette idée folle de mélanger en un seul cours histoire, géo et économie ?
    Faudra-t-il enseigner l’histoire et la géo en fonction des (suite…)

    Une année, et un peu plus, avec Frank Andriat

    Frank Andriat est un écrivain belge de premier plan, notamment bien connu des jeunes (il écrit beaucoup pour eux et va les voir dans leurs écoles), mais hélas trop ignoré en France. Les lecteurs français ne savent pas ce qu’ils perdent : construits sur des histoires solides et remarquablement menées, ses livres mêlent en effet finement, et ce n’est pas si courant, sensibilité et intelligence. Je veux dire par là que des « thèmes »périlleux comme les sentiments, le bonheur, le mal-être, l’amour, etc., partagés par tous mais dont il n’est pas facile de parler sans tomber dans une forme de sensiblerie plus ou moins retenue, il les aborde avec une vraie intelligence de cœur, du regard, mais aussi d’esprit. Si ce que j’essaie de dire n’est pas limpide, la solution est de le lire. Démarche d’autant plus aisée qu’il écrit à tour de bras des bouquins assez différents les uns des autres, s’adressant à des lectorats variés. Il a publié six livres depuis octobre 2016 : un roman pour adultes, trois pour ados (dont le nouvel épisode d’une série avec un personnage récurent), un album pour petits et un essai méditatif. Il y en a pour tous les goûts, donc, mais ne vous refrénez, vous pouvez tout lire, vous serez comblé. (photo© Martin Santander) (suite…)

    6 juillet 2016 | Dans Etienne Payen, Musique | Pas de commentaire »

    Gentjazz et Middelheim Festival : vos rendez-vous de l’été.

    Comme chaque année, les somptueuses villes de Gand et Anvers seront les capitales du jazz durant la période estivale. Ainsi du 7 au 16 Juillet, le Gent Jazz Festival se déroulera dans le cadre étonnant du Bijloke – superbes hospices du 13e siècle, situés dans un parc, transformé à grands frais et où rien n’aura été laissé au hasard dans la réhabilitation. Ainsi le grand Chapiteau blanc accueillera quelques jazzmen de notoriété mondiale ( Pat Metheny et Ron Carter, Brad Mehldau et John Scofield, John Cale, Terence Blanchard, Hugh Coltman…) sans oublier la venue de celui qui mettra à nouveau le feu aux poudres sur la scène principale le Jeudi 7 juillet : le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.
    Le dimanche 10 Juillet sera consacré aux groupes flamands avec d’agréables découvertes comme Bardo et Kamikaze. Le Jeudi 14 sera la journée de la Soul Music grâce à des stars de renommée internationale (comme Ala.ni, Allen Stone, St Germain (15), Lianne la Havas et la diva du blues et de la soul : Jill Scott.

    La programmation se veut volontairement hétéroclite et ouverte à d’autres courants qu’ils soient soul, ou même nettement plus pop qu’auparavant. Mais toujours avec une même constance : celle d’être teintée d’une grande exigence de qualité, d’un souci d’originalité et du plaisir d’accueillir des stars confirmées ou de vedettes en devenir. Le Gent Jazz est une manifestation à vivre à la fois pour son programme, son superbe cadre, son professionnalisme et sens de l’accueil et last but least : l’acoustique parfaite des concerts. Bref une festivité à inscrire dans votre carnet du mois de juillet.

    Même organisation mais autre ville et ce durant le week end du 12 au 15 Août : le Jazz Middelheim. Une véritable institution qui fêtera sa trente cinquième année. À nouveau un superbe parc, situé dans un quartier chic et bourgeois d’Anvers, un chapiteau ouvert, deux scènes. Une réunion familiale pour beaucoup d’habitués mais aussi un lieu de découvertes pour les puristes de la note bleue grâce une programmation essentiellement jazz avec de multiples happening. Cette année, le fil conducteur de la fête sera la résidence offerte au trompettiste israélien Avishai Cohen (à ne pas confondre avec son homonyme contrebassiste) qu’on retrouvera ainsi dans différentes formations et styles durant ce week end.
    Quelques grands noms du jazz enchanteront vos oreilles : à savoir le batteur Billy Hart, les trompettistes Wallace Roney Jr et le batteur Denardo Coleman dans un Tribute consacré à son père Ornette Coleman, la chanteuse Tutu Puone, la diva de la Pop Underground Patti Smith, la star belge du piano Jef Neve en duo avec le rappeur Typhoon, le pianiste américain Craig Taborn en solo sans oublier l’exceptionnelle présence du saxophoniste Pharoah Sanders en trio. Signalons le 14 Août le concert de la chanteuse belge Mélanie De Biasio toute auréolée du succès mondial de son dernier album. Bref, du bon, du beau, du plaisir !

    Contrairement à Gand, un registre plus jazz, des stars internationales mais aussi belges, un lieu et une ambiance cosy, où les enfants sont bienvenus. Une autre date à retenir pour le 15 Août. Que ce soit à Gand ou à Anvers, que vous soyez novice ou grand amateur de sonorités détonnantes, voici deux superbes occasions de découvrir une merveilleuse musique ; le tout dans de jolis endroits et dans une atmosphère agréable et des conditions optimales. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !Ibrahim_Maalouf_Kalthoum-FB-Vierkant_Kader
    Etienne Payen
    www.gentjazz.com
    www.jazzmiddelheim.be

    Acteur et spectateur du paysage

    Une carte blanche de Denis Marion, de l’asbl Epures, publiée dans espace-vie l juin 2015 l n° 252
     

    « La modification du paysage est aussi l’affaire des petits détails quotidiens »

    « Pour autant que les actes et travaux projetés, soit respectent, soit structurent, soit recomposent les lignes de force du paysage, un permis d’urbanisme peut être octroyé en dérogation aux prescriptions d’un règlement régional d’urbanisme, d’un règlement communal d’urbanisme, d’un plan communal d’aménagement ou aux prescriptions ayant valeur réglementaire d’un permis de lotir, etc. »

    (suite…)

pacte d’excellence: between yesterday and to morrow

Les entreprises wallonnes et leur ministre-président sont très fâchés sur la ministre de l’éducation : si tous les élèves du lycée et du collège dévorent désormais les mêmes matières pendant leurs trois premières années, on va retarder leur entrée dans la vie professionnelle. S’ils n’en sont pas encore à regretter l’interdiction du travail des enfants, ils estiment que les gosses, pourquoi pas les bébés, devraient se préparer le plus vite possible au métier de leur rêve, ouvrier agricole ou patron de PME wallonne, garçon de café, fonctionnaire de l’Office des étrangers ou ingénieur atomique.
A dix-huit ans, moi j’ignorais ce que j’allais faire de ma vie – je ne suis pas certain de le savoir aujourd’hui. Mais, à douze ans, c’est vrai, j’avais moins de doutes. Je voulais être receveur de tram parce qu’il travaillait assis (sauf quand des petits crapuleux décrochaient la flèche) ou aiguiseur de couteaux qui parcourait les rues en poussant sa petite carriole et faisait tous les jours la connaissance d’autres dames (à l’époque, seules les femmes jouaient du couteau dans la cuisine).
Moi, j’applaudis au projet d’une culture générale commune. C’est à ça que sert l’enseignement secondaire. En primaire, on apprend à lire. Au collège et au lycée, à aimer les livres.
Mais alors pourquoi cette idée folle de mélanger en un seul cours histoire, géo et économie ?
Faudra-t-il enseigner l’histoire et la géo en fonction des (suite…)

Dublin 19

Mouette et croix celtique à Howth ©Luc Teper

la nef des fous

Trump est fou ? Et alors ? L’histoire est pleine de rois fous, de présidents délirants. Ne le dites pas trop fort mais certains de ces dingues n’ont pas dirigé leur pays plus mal que d’autres soi-disant équilibrés. D’ailleurs, pour des chefs identifiés comme fous, combien d’autres dont on ne savait pas ou dont on préférait ne pas savoir qu’ils avaient une case en moins ?
De tous, Trump n’est pas jusqu’ici le plus atteint. Il n’y a qu’un an qu’il est aux manettes. Le pire est sans doute devant nous.
Certains se moquent de son manque de culture. Taisez-vous, malheureux ! Ne lui donnez pas des idées ! Cela vaut peut-être mieux pour l’avenir de l’humanité. S’il se met à consulter Wikipedia entre deux tweets rageurs, le risque est qu’il s’inspire de plus dingos que lui.
Parmi les meilleurs, le roi de Grande Bretagne George III, dont Nicholas Hytner a tiré un beau film dans les années nonante (adapté de la pièce d’Alan Bennett). Ce souverain dut à la fois affronter la révolution américaine, la crise économique et les guerres napoléoniennes. Autre chose que les bravades de la Corée du Nord. Pas étonnant qu’il ait fallu lui coller dare-dare un régent avant même qu’il ne se prenne pour Napoléon.
Autre bel exemple, le roi de France Charles VI, dit « le Fol » mais dénommé aussi « le Bien-Aimé » ce qui rappelle que les populations montrent une incontestable tendresse pour les fêlés. (suite…)

Une année, et un peu plus, avec Frank Andriat

Frank Andriat est un écrivain belge de premier plan, notamment bien connu des jeunes (il écrit beaucoup pour eux et va les voir dans leurs écoles), mais hélas trop ignoré en France. Les lecteurs français ne savent pas ce qu’ils perdent : construits sur des histoires solides et remarquablement menées, ses livres mêlent en effet finement, et ce n’est pas si courant, sensibilité et intelligence. Je veux dire par là que des « thèmes »périlleux comme les sentiments, le bonheur, le mal-être, l’amour, etc., partagés par tous mais dont il n’est pas facile de parler sans tomber dans une forme de sensiblerie plus ou moins retenue, il les aborde avec une vraie intelligence de cœur, du regard, mais aussi d’esprit. Si ce que j’essaie de dire n’est pas limpide, la solution est de le lire. Démarche d’autant plus aisée qu’il écrit à tour de bras des bouquins assez différents les uns des autres, s’adressant à des lectorats variés. Il a publié six livres depuis octobre 2016 : un roman pour adultes, trois pour ados (dont le nouvel épisode d’une série avec un personnage récurent), un album pour petits et un essai méditatif. Il y en a pour tous les goûts, donc, mais ne vous refrénez, vous pouvez tout lire, vous serez comblé. (photo© Martin Santander) (suite…)

Fiefs et baronnies locales : retour sur le cas de La Hulpe

Ma dernière chronique de l’année poursuivait l’enquête sur les fonctionnements, bons et mauvais, des communes du BW. J’y épinglais le problème du dossier complexe de la réaffectation des bâtiments du SWIFT, à La Hulpe, et j’évoquais les soupçons de conflit d’intérêts dans le chef du bourgmestre, Christophe Dister, soupçons répercutés par plusieurs associations lahulpoises.

Christophe Dister, à l’instar de l’opposition libérale lasnoise, est quelqu’un qui n’aime pas être critiqué ; quelques jours après la publication de ma chronique, il obtenait qu’un journaliste du Soir publie, dans l’édition papier et électronique, une interpellation publique et une réfutation de mes « accusations ». S’en est suivi un échange de commentaires sur ma page Facebook.

Dans cette dernière réponse, Christophe Dister entend apporter la preuve que « mon accusation » est fausse. Précisons tout d’abord qu’il ne s’agit pas de « mon » accusation, comme je l’ai rappelé ci-dessus : la crainte d’un conflit d’intérêts a été évoquée par de nombreuses personnes et associations, et elle repose sur le fait objectif qu’en plus de sa fonction politique, M. Dister est impliqué au plus haut niveau dans deux sociétés qui se mêlent d’immobilier. La question d’un possible conflit d’intérêts doit être envisagée. (suite…)

De Damme à Bruges 18

Dans la campagne de Damme ©Luc Teper

gai, gai, marions-nous!

Jadis, la paix civile était – plus ou moins- garantie par les mariages. Le gamin du roi d’Espagne pas encore pubère épousait la fille du roi de France à peine bébé. Celle d’Autriche-Hongrie était promise au futur tsarévitch. Si ça n’a pas empêché la guerre de cent ans, la guerre des roses entre les York et les Lancaster ni la guerre de la marmite le 8 octobre 1784, beaucoup d’autres conflits ont été étouffés dans l’œuf ou plutôt sous la couette.
Depuis un siècle, les alliances matrimoniales, jugées trop ringardes, ont été remplacées par plus moderne, plus sérieux et plus républicain, l’ONU, la communauté internationale, les G5, 6, 7, 9 et les gros yeux des présidents américains. Las ! On est au bout de ce modèle. Les petits voyous n’ont plus peur des grandes puissances. Les Etats-Unis sont embourbés depuis près de vingt ans par quelques milliers de talibans afghans qui vivent comme leurs aïeux au moyen âge mais qui sont équipés d’armes belges. Et le ridicule dictateur coréen ? Il éclate de rire quand Trump lui tape sur la tête avec son Twitter. Quant à Kabila (suite…)

Aux frontières du réel

Les frontières ne sont-elles finalement pas affaire de philosophie ?

Des lignes imaginaires qui nous enferment ou nous protègent, c’est selon, qui délimitent le Eux du Nous, qui marquent ici une différence de culture et là une plaie sur la peau d’un même peuple.

De tous temps, les animaux, humains compris, se sont déplacés et ils se déplaceront encore. Ces déplacements ne se font pas toujours sans heurts, sans pleurs, mais ils se font. « Aucune politique migratoire, aucun mur, aucune barrière, ne pourra décourager un projet migratoire » nous dit le chercheur François Gemenne. Pour mille et une raisons, même si dans l’inconscient collectif, certaines ont plus de valeur que d’autres. L’opprimé politique a plus de chance d’être entendu que celui qui cherche simplement à survivre. Le réfugié climatique risque d’être moins bien accueilli, même si des pays envisagent maintenant cette situation sous un autre angle[i]. (suite…)

De Damme à Bruges 17

Pique nique sur le canal de Damme à quelques encablures de Bruges ©Luc Teper

Quelques BD pour finir l’année

Avant d’ouvrir Ces jours qui disparaissent (Glénat), je n’avais rien lu à son propos et je ne connaissais pas son auteur, Timothée Le Boucher (dont c’est le troisième album après Skins Party et Les vestiaires). C’est dire si ma surprise a été totale. Il y a longtemps que je n’avais pas lu une bande dessinée au scénario aussi original, traité avec intelligence. Suite à une chute lors d’une prestation, Lubin, un équilibriste, ne se réveille… qu’un jour sur deux. Dans l’intermède, c’est un autre lui-même qui vit à sa place. Résultat : quand il s’endort avec sa copine, c’est son double qui se retrouve dans les bras d’une fille qu’il ne connaît pas. Les deux jeunes hommes communiquent entre eux, et apprennent ainsi à se découvrir, en se laissant des messages sur ordinateur. N’en disons pas plus : la suite est formidable. Le dessinateur maîtrise parfaitement son scénario et jamais, sur les 190 pages que compte l’album (format réduit), l’attention ne retombe, le lecteur se demandant comment cela va-t-il finir. Et il n’est pas déçu ! (suite…)